Los pueblos blancos

Après avoir découvert la belle Séville, nous mettons le cap en direction de Cadix avant de prendre la route des villages blancs. Cadix s’inscrit au cœur d’un littoral de lagunes, de plages et de marais salants. Le pont de Carranza relie la ville au continent. Une fois franchie la puerta de Tierra, on découvre les rues tortueuses du quartier médiéval. Nous ne faisons que passer car la route des villages blancs nous attends.

La ligne reliant Cadix à Grenade marquait autrefois la séparation floue entre l’Espagne chrétienne et la Grenade maure, et cette ancienne ligne de partage est constellée de “villages blancs” couronnés de châteaux, dont beaucoup portent le suffixe “de la Frontera” (de la frontière), reliquat de leur fascinante histoire.

Ces superbes villages blancs appelés en espagnol « los pueblos blancos » sont connus dans le monde entier pour leurs paysages magnifiques et caractéristiques. Les maisons aux murs blancs, les petites rues étroites et les vues tout simplement splendides sont les héritages laissés par les Maures qui dirigèrent le sud de l’Espagne pendant sept siècles.

La particularité de ces villes réside dans leurs maisons blanches, peintes ainsi pour permettre à leurs habitants d’échapper à la chaleur insoutenable de l’été andalou. La blancheur éclatante de ces villes est contrebalancée par la présence de couleurs vives: des fleurs odorantes viennent orner les rues et les maisons en un apanage de couleurs qui s’étend jusque dans les ruelles les plus petites.

Le village blanc de Ronda se situe dans la partie nord-est de la province de Malaga,  ses habitants peuvent se vanter de vivre dans l’un des villages les plus spectaculaires.

Ce qui le rend unique, ce n’est pas un vestige prestigieux du califat d’Al Andalus comme l’Alhambra de Grenade ou l’Alcazar de Séville… mais sa situation. Perchée en haut d’une gorge profonde de 170 mètres, Ronda s’étend des deux côtés de ce gouffre vertigineux. Trois ponts permettent de passer de la vieille ville à la ville « moderne ». Le plus célèbre est le Puente Nuevo ou pont neuf. En réalité, il n’est plus si neuf que cela puisque sa construction s’est achevée en 1791… après un premier essai en 1735 dont l’effondrement a coûté la vie à 50 personnes.

Lorsque l’on pose les yeux sur les gorges de Ronda, et le paysage qui s’étale sans fin tout en bas, on est pris d’une sensation de tournis. On s’agrippe à deux mains à la rambarde du mirador de l’Alameda del Tajo et se penche avec mille précautions pour évaluer la hauteur du vide béant qui s’ouvre à nos pieds. On dit souvent d’un paysage magnifique qu’il coupe le souffle. Cette fois, c’était vrai, littéralement.

L’héritage culturel de Ronda est d’une grande richesse, il compte notamment les bains arabes les mieux préservés de la région, une des arènes les plus pittoresques d’Andalousie ainsi que de nombreuses églises.

D’Hemingway à Orson Welles en passant par James Joyce ou John F. Kennedy, cette petite ville d’Andalousie a marqué durablement les esprits d’innombrables voyageurs.

 

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